Le Jardin Thérapeutique : Un jardin avec des valeurs à respecter

Le jardin n’est pas seulement un lieu de verdure et de détente : il peut devenir un véritable outil thérapeutique, capable d’agir sur le corps, l’esprit et les relations sociales. Les jardins thérapeutiques sont conçus pour répondre à des besoins spécifiques, qu’ils soient liés à la santé mentale, au vieillissement, au handicap ,à la rééducation physique.

Qu’est-ce qu’un jardin thérapeutique ?

Le Jardin thérapeutique est définit comme un espace vert qui comprend des critères d’aménagements du paysage bien définis, et qui a pour objectif de prévenir, maintenir ou améliorer la santé physique, psychologique, cognitif et sociale de publics en situation de vulnérabilité.

La Fédération Française Jardins Nature et Santé, référence nationale sur le sujet comprenant des membres experts du domaine explique : Tous les jardiniers savent que le jardin a des vertus thérapeutiques. Ils ressentent la capacité de leur jardin à leur faire du bien et à leur apporter du plaisir. Cependant, un jardin thérapeutique va plus loin.

Comme le décrit l’American Horticultural Therapy Association (AHTA), « un jardin thérapeutique est un environnement dominé par les plantes, conçu pour faciliter l’interaction avec les éléments thérapeutiques de la nature. »

Dans leur livre « Healing Gardens : Therapeutic Benefits and Design Recommendations » (Wiley, 2014), Clare Cooper Marcus et Naomi Sachs distinguent :

  • les jardins thérapeutiques où l’on est (des jardins où on peut « s’asseoir, marcher, regarder, écouter, méditer, faire une sieste, explorer »).
  • les jardins thérapeutiques où l’on fait (des activités « dirigées par un hortithérapeute professionnel, un ergothérapeute, un kinésithérapeute ou d’autres professionnels apparentés en collaboration avec les autres membres du personnel soignant »).Il n’est pas indispensable d’opposer ces deux conceptions du jardin thérapeutique, au contraire… : l’un n’empêche pas l’autre.
  • Impossible de faire un portrait-robot rigide à reproduire mécaniquement puisque les jardins thérapeutiques prennent des formes variées en s’adaptant à leur contexte.

Cependant, les jardins thérapeutiques se reconnaissent à certains traits communs :

  • une conception participative avec tous les usagers (équipes, usagers et leurs proches)
  • une accessibilité étudiée pour que chacun puisse en profiter
  • une profusion de plantes significatives
  • une gestion respectueuse de la biodiversité notamment.
  • On parle de jardins thérapeutiques, mais aussi de jardins à visée ou à but thérapeutique ou encore de jardins de soins.

Au-delà de tout cela, un jardin thérapeutique est avant tout… un jardin végétalisé. Logique ? Pas pour tout le monde !

Le végétal y est pourtant utilisé comme véritable médiateur, au service d’objectifs de santé, de bien-être et de mieux-être.

Oubliez les jardins composés uniquement de mobilier en plastique ou en métal (celui qui vous brûle les mains en plein été).

Mettez-vous à la place des patients : quel jardin vous apaise vraiment ? Un potager ? Une prairie fleurie ? Un verger ?

En réalité, un jardin thérapeutique gagne à intégrer trois strates végétales : arbres, arbustes et herbacées. Elles permettent de favoriser la biodiversité, de donner vie au lieu et d’enrichir les expériences sensorielles. Un véritable jardin thérapeutique est un jardin vivant, où cohabitent végétaux, animaux… et êtres humains.

Ces trois strates offrent également la possibilité de travailler la lecture du paysage : créer de l’harmonie, de la subtilité, ouvrir des vues, en cacher d’autres, inviter à la découverte et à la déambulation. Les couleurs ont aussi leur importance : les teintes froides apaisent, les teintes chaudes stimulent. Tout dépend des objectifs recherchés.

L’accessibilité doit être pensée avec soin : bacs à hauteur (lorsqu’ils ont une réelle utilité), allées praticables, bancs pour favoriser les pauses et une circulation fluide.

La sécurité est bien sûr primordiale : pas de rebords métalliques, pas de terrains trop pentus, pas de végétaux à grosses épines.

Attention toutefois à ne pas médicaliser le jardin. Il est essentiel de ne pas transposer à l’extérieur l’image de l’institution ou de l’intérieur. Le jardin doit, au contraire, permettre de réduire l’assistanat, de favoriser l’autonomie et de redonner du pouvoir d’agir aux patients , même minime selon les publics.

Enfin, pensez à varier les ambiances : des zones d’ombre et de soleil, des espaces plus intimes pour se retrouver avec soi-même, et d’autres dédiés au partage entre patients, familles et soignants.

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