Atelier d’Hortithérapie VS Atelier de jardinage : quelles différences ?

À première vue, un atelier d’hortithérapie et un atelier de jardinage peuvent sembler identiques.

On y retrouve des plantes, de la terre, des graines, des outils, des gestes de plantation, de rempotage ou encore de récolte. Pourtant, ils ne répondent pas aux mêmes objectifs et ne s’inscrivent pas dans la même démarche.

Alors, comment faire la différence entre un atelier de jardinage et un véritable atelier d’hortithérapie ?

La réponse ne se trouve pas uniquement dans l’activité proposée, mais dans l’intention, le public, les objectifs et la manière dont l’activité est pensée et accompagnée.

Qu’est-ce qu’un atelier de jardinage ?

Un atelier de jardinage a principalement pour objectif de transmettre ou de pratiquer des savoir-faire liés au jardin et aux végétaux.

Semer des légumes, apprendre à bouturer une plante, créer une jardinière, rempoter une plante d’intérieur, entretenir un potager ou récolter des fruits sont autant d’activités qui peuvent être proposées dans un atelier de jardinage.

L’objectif peut être :

  • apprendre une technique ;
  • découvrir les végétaux ;
  • produire des fleurs, des fruits ou des légumes ;
  • entretenir un espace extérieur ;
  • partager un moment convivial ;
  • prendre plaisir à jardiner.

Dans ce cadre, la réussite de l’activité est souvent liée au résultat obtenu : une plante qui pousse, une bouture qui prend, une jardinière qui fleurit ou une récolte qui arrive à maturité.

Le jardin est alors principalement le support de l’apprentissage, de la pratique et du plaisir de jardiner.

Et un atelier d’hortithérapie ?

Selon la Fédération Française Jardins Nature et Santé l’hortithérapie est :

Un acte thérapeutique holistique, s’inscrivant dans la durée, qui utilise le jardin, le jardinage et les relations avec la nature, en vue de prévenir, maintenir ou améliorer la santé physique, mentale et sociale, accompagné d’un ou de plusieurs professionnels qualifiés.

L’objectif n’est donc pas simplement de jardiner.

Il peut s’agir, par exemple, de favoriser :

  • la stimulation sensorielle ;
  • les capacités motrices ;
  • l’attention et la concentration ;
  • l’expression et la communication ;
  • l’estime de soi ;
  • la socialisation ;
  • la mémoire ;
  • l’apaisement et le bien-être ;
  • le sentiment d’utilité ;
  • le maintien ou le développement de certaines capacités.

L’activité horticole devient alors un moyen au service d’un objectif défini.

Et c’est précisément là que se situe une différence fondamentale.

En hortithérapie, on ne jardine pas uniquement pour jardiner : on utilise le jardinage et le végétal comme médiateurs pour répondre à des besoins identifiés.

Une même activité peut-elle être du jardinage ou de l’hortithérapie ?

Oui.

Prenons un exemple très simple : semer des graines.

Dans un atelier de jardinage, l’objectif pourra être d’apprendre à réaliser un semis, de comprendre les besoins d’une plante et de produire des plants pour le potager.

Dans un atelier d’hortithérapie, le même semis peut être utilisé autrement.

Pour une personne présentant des difficultés motrices, l’activité pourra être adaptée afin de travailler certains gestes précis.

Pour une personne ayant des troubles cognitifs, on pourra utiliser les différentes étapes du semis pour mobiliser la mémoire, l’attention ou le séquençage.

Pour une personne en situation d’isolement, l’activité pourra servir de support à l’échange et à la relation.

Pour une personne ayant besoin de retrouver confiance en elle, observer l’évolution d’une graine qu’elle a elle-même semée peut devenir une expérience valorisante.

L’activité est la même. L’intention et l’accompagnement sont différents.

Les 5 grandes différences entre jardinage et hortithérapie

1. L’objectif n’est pas le même

Dans un atelier de jardinage, l’objectif est généralement lié à l’activité elle-même : apprendre, créer, produire ou entretenir.

En hortithérapie, l’activité est choisie en fonction d’objectifs d’accompagnement.

Le jardinage devient un médiateur.

2. Le public est pris en compte dans la conception de l’activité

Un atelier de jardinage peut être proposé à un groupe avec une activité commune.

En hortithérapie, l’activité doit davantage tenir compte des capacités, des besoins, des envies et des éventuelles limitations des participants.

La question n’est plus seulement :

« Que va-t-on faire ? »

Mais aussi :

« Pour qui ? Pourquoi ? Et comment adapter cette activité à cette personne ou à ce groupe ? »

3. L’activité peut être adaptée

La même activité peut être proposée avec des niveaux de difficulté différents.

Par exemple, pour une plantation, on peut adapter :

  • la hauteur du plan de travail ;
  • les outils ;
  • la taille des contenants ;
  • le poids des matériaux ;
  • la texture des supports ;
  • la durée de l’activité ;
  • le nombre d’étapes ;
  • les consignes ;
  • la position de la personne.

L’objectif est de permettre à chacun de participer réellement, et non simplement d’être présent. Pour autant, il faut connaître en amont son public. Malgré le fait d’avoir les limites en tête, on cherchera TOUJOURS à valoriser ce qui est encore là.

4. L’accompagnement est différent

Un atelier d’hortithérapie ne consiste pas uniquement à donner une activité à réaliser.

L’accompagnant observe, adapte, encourage et ajuste son intervention en fonction de la personne et des objectifs recherchés.

L’accompagnant est formé aux techniques du végétal/horticole ET à l’accompagnement de publics en situation de vulnérabilité.

Le résultat final n’est d’ailleurs pas toujours le plus important.

Une personne qui n’a pas réussi à planter parfaitement une graine mais qui a mobilisé son attention, échangé avec les autres, retrouvé un souvenir ou simplement pris plaisir à toucher la terre a peut-être vécu une expérience particulièrement intéressante.

En hortithérapie, le processus compte souvent davantage que le résultat.

5. Le jardin devient un outil d’accompagnement

C’est probablement la différence la plus importante.

Dans un atelier de jardinage, le jardin est la finalité de l’activité.

En hortithérapie, le jardin et le végétal deviennent des supports au service de la personne.

C’est ce changement de regard qui transforme la manière de concevoir l’activité.

Attention : faire du jardinage avec des patients ne signifie pas forcément faire de l’hortithérapie

C’est une confusion que l’on rencontre régulièrement.

Une activité de jardinage peut parfaitement être proposée dans un EHPAD, un établissement médico-social, un service hospitalier ou une structure accueillant des personnes en situation de handicap.

Mais le simple fait que les participants soient des patients, des résidents ou des personnes accompagnées ne transforme pas automatiquement l’activité en atelier d’hortithérapie.

De la même manière, mettre quelques jardinières dans une cour d’établissement ne suffit pas à créer un dispositif d’hortithérapie.

La démarche nécessite une réflexion sur :

  • les personnes accueillies ;
  • leurs besoins ;
  • les objectifs recherchés ;
  • les activités proposées ;
  • les adaptations nécessaires ;
  • l’environnement ;
  • les modalités d’accompagnement.

Alors, comment savoir si un atelier relève de l’hortithérapie ?

Une question simple peut aider :

Pourquoi cette activité est-elle proposée à cette personne, à ce moment-là, et de cette manière-là ?

Si la réponse est uniquement :

« Parce qu’elle aime jardiner »,

il s’agit probablement d’une activité de jardinage.

Si l’activité a été choisie parce qu’elle permet également de répondre à des besoins identifiés, qu’elle a été adaptée à la personne et qu’elle s’inscrit dans une démarche d’accompagnement réfléchie, on entre davantage dans une démarche d’hortithérapie.

Cela ne signifie évidemment pas qu’un atelier de jardinage n’a pas d’effets positifs.

Bien au contraire.

Jardiner fait du bien.

Mais l’hortithérapie va plus loin dans la réflexion autour de l’utilisation du végétal comme médiateur.

Et si le meilleur atelier était parfois… un peu des deux ?

Il n’est pas nécessaire d’opposer jardinage et hortithérapie.

Un atelier peut parfaitement transmettre des connaissances horticoles tout en intégrant une véritable réflexion autour des besoins des participants.

L’enjeu est surtout de savoir ce que l’on cherche à provoquer à travers l’activité.

Planter, semer, arroser, récolter, observer une fleur, sentir une plante aromatique ou simplement s’asseoir dans un jardin peuvent devenir des expériences très différentes selon la manière dont elles sont proposées.

C’est pourquoi la conception d’un atelier d’hortithérapie commence rarement par :

« Quelle activité allons-nous faire ? »

Elle commence plutôt par :

« Qui allons-nous accompagner et quels objectifs souhaitons-nous travailler ? »

L’activité vient ensuite.

Le jardin comme médiateur

C’est toute la richesse de l’hortithérapie.

Le végétal permet de travailler avec quelque chose de concret, vivant et évolutif.

Une graine germe. Une plante pousse. Une fleur s’ouvre. Un fruit mûrit. Un jardin change au fil des saisons.

Ces transformations offrent autant d’occasions d’observer, d’agir, d’attendre, de prendre soin, de se souvenir, d’échanger et de ressentir.

Le jardin n’est alors plus seulement un lieu où l’on jardine. Il devient un espace d’expériences, de relations et d’accompagnement.


En résumé

La différence n’est donc pas forcément dans ce que l’on fait, mais dans pourquoi, pour qui et comment on le fait.

C’est cette réflexion qui permet de passer d’une simple activité de jardinage à une véritable démarche d’hortithérapie.

Vous souhaitez mettre en place un atelier d’hortithérapie ?

La conception d’un atelier pertinent commence par l’identification des besoins du public et des objectifs recherchés.

Ne l’oubliez pas, les ateliers d’Hortithérapie se veulent réguliers afin d’en tirer les bénéfices.

Le Jardin des Maux’passants accompagne les établissements et les professionnels dans la conception de jardins thérapeutiques, la mise en place d’ateliers d’hortithérapie et la formation des équipes partout en France.

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